COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Fraude VTC : la loi est votée. Maintenant, il faut l’appliquer.
montrouge le 13 Mai 2026
montrouge le 13 Mai 2026
Le Parlement a adopté définitivement la loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Pour la première fois, le secteur VTC fait explicitement l’objet d’un renforcement des contrôles et des sanctions.
Pour la CFTC Taxis, cette évolution intervient tardivement. Pendant plus de dix ans, les taxis ont subi les conséquences d’une dérégulation progressive du secteur du transport particulier de personnes, dans un contexte où les pouvoirs publics ont laissé se multiplier les contournements de la loi sans réponse suffisamment ferme ni rapide.
Il aura fallu un contexte économique historiquement défavorable, et une dégradation majeure des finances publiques pour que l’État décide enfin de traiter sérieusement des mécanismes dénoncés depuis des années par les taxis.
Le taxi survit depuis des années entre le marteau et l’enclume d’une concurrence déloyale :
le marteau d’une maraude électronique pourtant interdite par la loi ; et l’enclume d’une concurrence tarifaire rendue possible par des modèles économiques reposant sur une compression excessive des coûts sociaux, fiscaux et réglementaires.
Depuis l’arrivée des plateformes, le secteur VTC s’est développé dans une zone de forte ambiguïté réglementaire et de franchissements répétés de la loi.
Le secteur a connu successivement :
Pendant des années, ces pratiques ont été dénoncées par les taxis, souvent avant même qu’elles ne soient reconnues par les juridictions ou traitées politiquement.
La Cour de justice de l’Union européenne a pourtant rappelé dès 2017 qu’Uber relevait bien d’une activité de transport. La Cour de cassation a ensuite confirmé l’existence d’un lien de contrôle incompatible avec un simple rôle d’intermédiaire technique. Plus récemment encore, plusieurs décisions sont venues rappeler que certaines formes de visibilité numérique permanente des chauffeurs pouvaient s’apparenter à de la maraude électronique interdite.
Pour la CFTC Taxis, ces décisions judiciaires n’ont fait que confirmer une réalité vécue quotidiennement sur le terrain par et au détriment des chauffeurs de taxi.
Avant la loi Grandguillaume de 2016, les plateformes avaient massivement recours au statut LOTI afin de contourner les obligations applicables aux VTC. Ce système a profondément déséquilibré le marché pendant plusieurs années.
Lorsque cette faille a été partiellement refermée, d’autres mécanismes sont immédiatement apparus, notamment les systèmes de rattachement et de gestion de flotte.
Dans ces organisations, certains chauffeurs exploitent l’inscription VTC d’un tiers, parfois accompagnée de la mise à disposition du véhicule, de l’accès aux plateformes ou de solutions administratives « clés en main ».
Ces pratiques ont contribué à fragiliser davantage les conditions économiques du secteur et à alimenter une baisse artificielle des prix face aux taxis, dont les tarifs restent, eux, encadrés par l’État.
Pour la CFTC Taxis, cette situation a créé une concurrence profondément déséquilibrée entre des professionnels soumis à des obligations réglementaires strictes et d’autres acteurs bénéficiant de modèles économiques beaucoup moins encadrés.
La loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales marque un tournant politique important… si toutefois elle est réellement appliquée.
Le texte prévoit notamment :
Pour la CFTC Taxis, ces mesures vont dans le bon sens. Elles traduisent enfin une volonté de reprendre le contrôle sur un secteur qui a longtemps bénéficié d’un vide réglementaire et d’une forme de tolérance politique.
Encore faut-il que ces mesures soient réellement appliquées et ne finissent pas, faute de moyens de contrôle suffisants, dans le même tiroir que l’interdiction de la maraude électronique.
La CFTC Taxis rappelle qu’une loi sans contrôles effectifs reste une déclaration d’intention.
Or, les difficultés structurelles du secteur demeurent :
Dans de nombreux cas, les chauffeurs sont poussés à travailler toujours davantage pour maintenir un revenu minimal, parfois au détriment du repos et des conditions élémentaires de sécurité.
Pour notre organisation, cette situation exerce une pression directe sur les taxis, soumis à des obligations réglementaires, fiscales et administratives beaucoup plus strictes, tout en étant placés en concurrence frontale avec des acteurs bénéficiant de modèles économiques largement moins encadrés.
Pour la CFTC Taxis, la loi du 11 mai 2026 ne pourra constituer un véritable tournant qu’à une seule condition : qu’elle soit appliquée avec la même fermeté pour tous les acteurs du secteur.
Les taxis n’attendent plus des annonces. Ils attendent des contrôles, des sanctions effectives et des règles enfin respectées.
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