ROISSY CDG:

Le racolage à Roissy-CDG prospère tandis que les taxis officiels attendent leurs tours loin des terminaux.

06 Décembre 2025

À Roissy Charles de Gaulle, le racolage n’est pas un “désordre” marginal : c’est un écosystème organisé qui détourne les voyageurs, abîme l’image des taxis parisiens et assèche le travail des professionnels qui respectent les règles organisationnels qui leurs sont imposés. Pendant que, au cœur des terminaux, rabatteurs et racoleurs captent les arrivants, les taxis officiels, eux, attendent : parqués loin des terminaux, ils passent des heures dans la base arrière à patienter par plusieurs centaines avant d’être “envoyés”.
Résultat : le terrain idéal pour que l’illégal s’installe là où l’usager est le plus fragile, à la sortie d’avion. Et comme souvent, après coup, ce sont “les taxis parisiens” que les touristes accusent. C’est injuste : les taxis réguliers sont aussi victimes de ce système.

Un phénomène plus large : Orly et les grandes gares parisiennes aussi touchés

Ne nous trompons pas de diagnostic : Roissy n’est pas un cas isolé. Le même mécanisme, détournement des flux, confusion du voyageur, pression physique et harcèlement, surfacturation  est régulièrement signalé à Orly et autour des grandes gares parisiennes (zones de dépose/arrivées, parvis, sorties principales), là où la densité de passagers rend la fraude “rentable” et où la moindre faille d’organisation devient une opportunité.
C’est un point essentiel : tant qu’on traitera le problème site par site, par “coups” ponctuels, le phénomène se déplacera simplement d’un terminal à une gare, d’une porte à une sortie. Il faut une réponse structurée, coordonnée et permanente sur l’ensemble des hubs.

Dysfonctionnement de chaîne : le rôle du dispatch et la responsabilité des prestataires

Il faut regarder la réalité en face : l’organisation des flux taxis, l’accueil et le débit de prise en charge ne sont pas des sujets accessoires. Ils conditionnent directement la capacité des taxis officiels à être visibles, accessibles, et à absorber la demande.
À ce titre, la responsabilité incombe aussi, au moins en partie, au prestataire en charge de la régulation. Une offre d’emploi (vue sur Instagram) illustre noir sur blanc ce qui est attendu en téhorie : “garantir un débit maximum de prise en charge”, accueillir/informer, signaler les incidents, remonter les dysfonctionnements, etc. Autrement dit : quand le débit est faible, quand les flux sont mal orientés, quand les zones sont mal tenues ou polluées, c’est l’ouverture d’un boulevard au racolage.

Nous demandons que les missions réelles, les moyens, les procédures et les résultats du prestataire soient clarifiés : qui décide, qui pilote, qui rend des comptes, et sur quels indicateurs (temps d’attente, volumes, incidents, signalements, actions correctives) ?

Une répression insuffisante : manque de Boers, procédures interminables, machine judiciaire qui ne suit pas

Autre angle mort : l’effectif et les moyens de la police des taxis “Boers” sont insuffisants au regard du terrain. Et même en flagrant délit, les procédures sont longues, décourageantes, et la chaîne pénale est saturée…
Pourtant, la loi existe. L’article L3124-4 (modifié par la loi n°2023-22 du 24 janvier 2023) prévoit 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende pour l’exploitation illégale de taxi sans autorisation de stationnement. Dans les faits, entre sursis, stratégies d’insolvabilité organisée, délais, et juridictions submergées, le signal envoyé est catastrophique : le risque “vaut la chandelle” pour des réseaux qui ont compris que ce business est rentable et, trop souvent, moins risqué que d’autres trafics beaucoup plus lourdement sanctionnés.

L’écosystème du racolage : une économie parallèle très rentable

Il faut expliquer clairement comment ça fonctionne :

Le rabatteur : Son rôle est de trouver la victime qu’il accompagne jusqu’au coffre du chauffeur qui attend patiemment dans le parking, il reçoit pour cette prestation entre 10 et 15€, plus si la destination est très lointaine. Il  peut se faire, selon les pratiques observées, 150 à 250 €.

Le chauffeur :  en voiture, ou en moto, il se charge souvent lui même d’aborder les arrivants, et surfacture ensuite : flou entretenu sur la tarification, intimidation douce, “bagout”, isolement du client. Le voyageur paie au final 50 à 300% plus cher qu’une course régulière, et repart avec une seule certitude : “Paris = arnaque”. Et c’est le taxi officiel qui paie la facture d’image, plus largement, l’image du pays.

 

Nous dénonçons aussi le manque de réactivité d’ADP. Dans une zone aéroportuaire censée être hautement sécurisée, on laisse des individus détourner les flux au cœur des terminaux, utiliser de faux badges ou des artifices pour se donner l’apparence du “officiel”, et capter des touristes qui ne peuvent pas imaginer qu’une telle fraude soit possible dans l’un des hubs majeurs d’une des premières destinations touristiques du monde.

 

Ce laxisme alimente la confusion, puis la colère  dirigée contre les mauvais acteurs : les taxis parisiens réguliers.

Ce que nous exigeons : protection des voyageurs, respect du travail, résultats mesurables

Nous exigeons un plan sérieux, permanent, et évalué applicable :

  • Gouvernance avec représentation des taxis (et moyens dédiés) : intégrer des représentants des taxis dans la gestion opérationnelle des stations , avec un droit d’alerte direct auprès des interlocuteur de ADP, et la capacité de proposer des optimisations concrètes de la prise en charge des arrivants (orientation, débit, signalétique, gestion des files, zones sensibles).

  • Audit et transparence sur la régulation/dispatch : publication d’indicateurs objectifs et réguliers (temps d’attente en zone tampon, temps d’acheminement, débit en tête de station, incidents, pannes d’équipements), chaîne de responsabilité claire (qui décide quoi), et plan d’actions documenté quand les résultats ne sont pas au rendez-vous.

  • Contrôles constants et discrets de toutes les forces de l’ordre : contrôles réellement réguliers, sans se limiter aux opérations vitrines de communication avec caméras et communiqués.

  • Renfort durable des effectifs de contrôle et de sanction : davantage d’agents privés, et des circuits simplifiés pour que le flagrant délit débouche rapidement sur des sanctions dissuasives (saisie/immobilisation quand possible, identité vérifiée, vidéo verbalisation pour racolage, etc.).

  • Réponse pénale crédible et dissuasive : poursuites systématiques, peines réellement exécutées quand les faits sont caractérisés, et dispositifs contre l’insolvabilité organisée (amendes recouvrées, confiscations quand applicable), afin de casser l’économie du racolage.

  • Obligations renforcées des gestionnaires de sites (aéroports, gares) : empêcher le détournement des flux dans les terminaux et sur les parvis, sécuriser l’orientation vers les points officiels (signalétique, personnel d’orientation, zones interdites au démarchage), et supprimer les “zones grises” où le racolage s’installe.

 
 

Décembre 2025 : un mouvement se prépare

Parce que cette concurrence déloyale dure depuis des décennies, parce que les taxis officiels sont pris en étau entre attente organisée et fraude organisée, un mouvement se prépare pour décembre. Objectif : dénoncer la mauvaise gestion, la passivité des autorités et des gestionnaires, et exiger des mesures structurelles.
Les taxis ne demandent pas des privilèges : ils demandent simplement que le travail légal soit protégé, que les voyageurs soient sécurisés et pas arnaqués ou , et que les règles s’appliquent enfin, durablement, sur tous les grands points d’entrée et de transit.

La CFTC Taxis

 

 

 

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