Perquisition chez G7 :

Un nouvel épisode révélateur des dérives du modèle des plateformes

18 février 2026

La presse a récemment révélé qu’une perquisition a été menée au siège de G7, à la suite d’une plainte déposée par Uber auprès de l’Autorité de la concurrence.

À ce stade, aucune conclusion ne peut évidemment être tirée : une perquisition est un acte d’enquête, pas une décision sur le fond. Toute entreprise est libre de défendre ses intérêts dans le cadre légal, Uber, comme G7.

Mais un point mérite d’être souligné. Les agents publics et les enquêteurs mobilisés pour ce type d’intervention sont rémunérés grâce à l’effort collectif, celui des impôts et des taxes payés par les travailleurs et les entreprises en France.

Or l’entreprise à l’origine de cette procédure, Uber, fait elle-même l’objet de débats récurrents concernant sa contribution sociale et fiscale sur le territoire national.

Au-delà de cet épisode, cette affaire illustre une réalité plus large : la guerre économique qui traverse le secteur du transport urbain.

La CFTC Taxis ne se place pas dans une logique de défense d’un opérateur contre un autre. Notre rôle est clair et inchangé : défendre les chauffeurs, leurs droits et un cadre social équilibré.

Mais il serait naïf d’ignorer que tous les acteurs du secteur ne reposent pas sur le même modèle économique.

Deux logiques opposées : économie nationale ou captation mondialisée

Dans le monde du transport, certains opérateurs exercent leur activité en France en contribuant pleinement à l’effort collectif : charges, fiscalité, cotisations sociales.

À l’inverse, des multinationales comme Uber captent des revenus considérables sur le territoire national tout en mettant en place des mécanismes d’optimisation qui éloignent une part importante de la valeur produite du financement de notre système social.

Ce qui pose une question simple :
Comment accepter qu’une entreprise prospère en France, avec des véhicules circulant sur nos routes, utilisant nos infrastructures publiques, financées par l’impôt, tout en participant si faiblement à l’effort collectif ?

Uber : une stratégie constante de contournement des règles

Depuis son arrivée, Uber a bâti son expansion sur une méthode désormais bien connue :

  • bousculer les lois existantes,
  • contourner les cadres protecteurs,
  • imposer un rapport de force permanent face aux autorités publiques.

Cette stratégie s’est traduite par de multiples contentieux, et Uber demeure aujourd’hui encore au cœur de procédures portant sur ses obligations sociales, notamment vis-à-vis de l’URSSAF.

Des chauffeurs attirés… puis progressivement appauvris

Le modèle des plateformes repose sur un cycle désormais classique et quasi imparable, d’abord attirer massivement les chauffeurs avec des conditions initialement attractives : primes, commissions faibles, promesses d’autonomie.

Une fois la base de chauffeurs suffisante, augmenter progressivement les commissions. Résultat : les chauffeurs travaillent davantage pour des revenus en baisse, pendant que la plateforme capte une part croissante de la valeur.

Cette mécanique contribue à une paupérisation progressive de l’ensemble du  secteur, et fragilise l’ensemble des travailleurs du transport.

La priorité : protéger les chauffeurs, pas les stratégies des multinationales

Les chauffeurs ne doivent pas devenir les variables d’ajustement d’une guerre économique entre grands groupes.

Ce type d’affaire rappelle une urgence :
le secteur a besoin de règles équitables, d’un cadre social respecté, et d’une concurrence loyale.

La CFTC Taxis continuera de défendre une ligne claire :

  • protection des droits sociaux,
  • refus de la précarisation organisée,
  • régulation des plateformes,
  • respect du travail et de la dignité des chauffeurs.

CFTC Taxis : vigilance et action collective

Dans un secteur déjà sous tension, il est central de remettre le chauffeur au centre, et non les intérêts des multinationales.

 

La CFTC Taxis restera mobilisée pour que la mobilité en France ne soit pas construite sur l’évitement social, la dérégulation et l’appauvrissement des travailleurs.

La CFTC Taxis

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